Animé par l’évêque éparchial des melkites du Canada, Mgr Milad El Jawich, de nombreux dignitaires, religieux et civils, ont assisté à cet événement, dont le nonce apostolique Mgr Ivan Jurkovič.
De nouveaux défis
Trois cents ans plus tard, les melkites font face à de nouvelles difficultés, notamment dans les sociétés occidentales, bien loin de celles du Levant. «Le grand défi, c’est de conserver nos racines chrétiennes orientales dans une société laïque et proche de l’athéisme», résume Mgr Jawich.
Il explique chercher à «semer en eux cette appartenance a la terre de Jésus», un objectif parfois atteint, mais non sans connaître certains échecs. «Il y a pas mal de jeunes qui suivent le courant. Ils s’occupent plutôt de leur futur, de leurs études, de leurs travaux, en oubliant ce côté spirituel», se lamente l’évêque.
Un constat que partage le nonce apostolique Jurkovič, affirmant que «nous nous heurtons aujourd’hui à une
crise culturelle qui risque de compromettre la conception humaine de la personne, et plus précisément sa dignité et sa liberté».
Le représentant du pape François au Canada souligne tout de même les réussites de la communauté jusqu’à présent. Parlant des difficultés qu’éprouvent les populations émigrées, quant à la langue et à l’entrée dans le marché du travail, il félicite la diaspora melkite d’avoir «su relever ces défis en s’intégrant à la vie des sociétés où elle s’est établie tout en demeurent fidèle à la tradition catholique».
«Ils sont devenus citoyens à part entière de leur société d’accueil sans renier leur foi», a-t-il déclaré.
Une histoire millénaire
Même s’il s’agit d’une célébration qui a souligné un tricentenaire, les organisateurs ont tenu à rappeler que leur
Église est en réalité beaucoup plus ancienne.
Le premier évêque d’Antioche, siège historique de l’Église melkite, fut effectivement saint Pierre, avant qu’il ne quitte le Moyen-Orient pour Rome. C’est la première cité où les habitants portaient le titre de chrétiens, comme l’a relevé un texte de saint Jean Chrysosthome lu durant la soirée de prière.
Originaire de Palestine, de Jordanie, du Liban, de la Syrie et du sud de l’Asie mineure, l’Église s’est installée au Québec à partir de la seconde moitié du 19e siècle. Mgr Jawich résume la mission des fidèles qui ont su s’intégrer dans le pays hôte tout en conservant leurs traditions liturgiques et leurs racines.
«Antioche n’est pas seulement un territoire, une histoire et un patriarcat. C’est surtout une valeur à transmettre à nos enfants. Celle d’être avant tout un chrétien au-delà des dénominations, être apostolique dans sa foi, universel dans son esprit, authentique dans son enracinement dans le Christ, fou dans l’amour du Seigneur et de sa mère la Vierge Marie», conclut-il.
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